déontologie d’un métier délicat

Psychanalyse Forums Forum sur la Psychanalyse déontologie d’un métier délicat

Ce sujet a 17 réponses, 8 participants et a été mis à jour par  xavier, il y a 5 ans et 1 mois.

  • Auteur
    Messages
  • #391

    xavier
    Admin bbPress

    à la demande de ketchup j’ouvre cette discussion sur un sujet tout aussi délicat que passionnant pour les professionnels, d’autant plus qu’ils rencontrent souvent le problème.

  • #2904

    ketchup
    Participant

    Bonjour Danièle
    Je suis embarrassée car une cliente qui va mieux et prend ses distances veut absolument que je prenne aussi son mari en urgence, que me conseillez-vous de faire ?
    merci de vos bons conseils, ketchup

  • #2905

    King Kong
    Participant

    te casse pas la tête, reste simple : prends l’oseille et motus et bouche cousue, pas vue=pas prise ! de toutes les manières, c’est du cash !!! qui peut prouver quoi ???

  • #2906

    ketchup
    Participant

    la brute épaisse sévit toujours, je vois

  • #2907

    zabulon
    Participant

    Salut ketchup
    c’est une affaire de transfert. Comment veux-tu qu’un patient puisse te confier sincèrement quoi que ce soit si tu fais immédiatement le rapport de sa confidence à la consultation suivante de son parent ou de son conjoint ? Zab

  • #2908

    farid
    Participant

    je ne vois pas l’intérêt de cette discussion
    Vous oubliez tous le secret médical !
    un médecin fait ce qu’il veut

  • #2909

    Yoldose
    Participant

    quelle galère pour répondre, il y a au moins 3 filtres qu’il faut faire et refaire, NUL!
    King t’es un phallo de chez Kaïd, Tu crois ke sa mamuserai de savoir tout ce que je confesse de mes petites misères à ma GYNÉko soit aussitôt bavardé à mon Ex ou à sa deuxième femme ? ke ta première te raconte la salpingite de ta seconde via le toubib, sa te ferai un malaise, non ?

  • #2910

    ketchup
    Participant

    c’est la femme qui va mieux et a à peu près terminé son travail, ELLE a absolument voulu que ce soit moi et moi seule qui reçoive son mari. Finalement il est venu et cela s’est très bien passé

  • #2911

    zabulon
    Participant

    Tu risques de te trouver embarrassée par ce croisement de transferts
    as-tu pris le soin préalable de dire à cette patiente que sa cure est terminée et que si elle a à nouveau des besoins il faudra qu’elle s’adresse chez tel confrère ?
    as-tu identifiée sommairement le motif principal de cette urgence matrimoniale ?

  • #2912

    ketchup
    Participant

    Je peux toujours clarifier la situation avec cette patiente, mais est-ce vraiment nécessaire de rompre le lien puisque TOUT VA BIEN ?

  • #2913

    farid
    Participant

    basique motif de rupture du lien : pourquoi est-il urgent qu’il consulte la psy de sa femme ? réfléchis.

  • #2914

    Sumo
    Participant

    ma femme souhaite que sa fille consulte sa psy, est-ce possible ?

  • #2915

    Mouffi
    Participant

    pour répondre, il faut montrer patte blanche ! du coup je me suis perdue euh, ah oui! pour confier ma fille ado à un psy ami j’ai dû ne plus le revoir, ça m’a coûté un très bon ami mais cela a été parfait pendant plusieurs années. il faut voir sur le long terme, elle avait énormément besoin d’un papa de substitution. C’était un père comme lui que je désirais pour elle.

  • #2916

    farid
    Participant

    Dans mon service je rencontre des difficultés avec une patiente qui se scarifie parfois de façon impressionnante. Le personnel essaye de contraindre ce phénomène qui les inquiète et remet en cause mon attitude qu’ils considèrent comme permissive et dangereuse. Par ailleurs quelle attitude adopter quand cette patiente présente un mode d’expression paradoxal particulièrement abscon, poétique et parfois mystique ? Dois-je gérer la demande du personnel d’enlever au patient son clivage du Moi source de ces scarifications ?

  • #2917

    xavier
    Admin bbPress

    Clivage du Moi : S. Freud présente le clivage du Moi par l’image d’un diamant qui se taille avec un marteau, dès le premier choc il se crée des lignes de fractures invisibles, cependant en l’absence d’autres choc suffisants, le tout reste entier et indivisible telle est sa première Topique Inconscient –pré-conscient-conscience. Puis il présente une Seconde Topique du Moi archaïque qui sous le choc du traumatisme de la naissance va se transformer en trois entités psychiques, le Surmoi, le ça et le Moi qui forment les trois entités universelles de sa seconde topique. Le corps médical confronté aux psychoses profondes avec hallucinations, a utilisé la locution Clivage du Moi pour représenter les formes séparées issues du Moi et dotées d’une personnalité délocalisées ou distinctes du sujet récitant son hallucination, en général le récitant entend des voix ou voit des personnes qui lui parlent.

    Dans tous les cas ci-dessus décrits, S. Freud considère le clivage et ses parties ainsi que ses parties séparées comme une seule et même entité indissociables du Moi du Sujet ou du psychotique. Ainsi toute tentation de vouloir les séparer comme on sépare un mal d’un bien ou deux sœurs siamoise aura pour effet de stresser davantage le Sujet avec risque d’interruption du transfert et augmentation des pulsions primaires de défenses pouvant inclure des manipulations du corps médical, voire une instrumentalisation de la médication, notamment par sa soustraction aux prescriptions pour laisser agir son mal clivant.

    Ce sont ces difficultés auxquelles S. Freud était particulièrement confronté en son temps qui l’ont amené à changer radicalement sa position de soignant en renonçant à tout pouvoir. Puisqu’il ne pouvait rien faire, il a laissé toute la parole à ses patients, toute la place, tous les pouvoirs et le savoir, puis il s’est entièrement mis à leur écoute en faisant abstraction totale de sa personne et on offrant son empathie totale, mais non point sa compassion. Attention la compassion présuppose d’avoir consenti à ce mal, il convient de l’avoir en horreur car dès que l’on est en compassion on prend une position hiérarchique supérieure et condescendante.

    La pensée paradoxale : C’est d’abord un style littéraire, par exemple V. Hugo « cette obscure clarté qui tombe des étoiles » qui utilise des oxymorons ou des locution extrêmes pour permettre soit d’introduire des nuances, soit comme dans l’écriture révélée de construire un système de défense qui oblige l’interlocuteur au grand écart intellectuel pour comprendre un récit, mais c’est aussi l’art et la manière de ne rien dire des philosophes ! Les psychanalystes chevronnés y excellent. Certains patients aussi, lorsque c’est accompagné du moindre des discours religieux les psychiatres paniquent. Or avec un peu d’expérience et de connaissance théologique, ils observeraient la compatibilité de la théorie du Moi archaïque Freudien et de la théologie judéo-chrétienne. Cependant lorsque le discours théologal est persistant le Sujet est proche des réactions et sentiments primaires et archaïques, c’est ainsi qu’il convient de le recevoir.

    Scarification, Chez les Sioux d’Amérique du Nord, lors d’un deuil parent-conjoint-enfant, le preneur du deuil se lacère la peau du ventre d’une hanche à l’autre en commençant par le nombril au moyen d’un couteau, il y est ajouté de la cendre puis une urine pour obtenir une cicatrice en relief puis derechef deuil après deuil. Ainsi la douleur du monde invisible est marquée dans le monde visible, c’est ce rôle de passeur qui est demandé à la scarification : dire ce qui ne peut être dit en matière de douleur, et c’est cela qui soulage le preneur du deuil. Scarifier c’est dire, or en psychanalyse, lorsque le Sujet récite son mal du monde invisible aux sens vers l’écoute sensible de l’analyste, il se soulage de même. En institution, des scarifications ne doivent pas affoler, il ne convient pas de lutter contre leur apparition au risque de les augmenter, mais de permettre lors de cette découverte une prise de parole et d’écoute. L’important étant de calmer, rassurer et non point de soigner ou d’interdire (sauf quant la sécurité du patient est en cause).

    Pour un psychanalyste, un bon transfert de qualité, gage de progrès pour le Sujet est possible qu’aux conditions suivantes sine qua non
    A) renoncer à soigner le patient,
    B) l’accepter avec son mal
    C) faire abstraction totale de sa personne et de ses désirs
    D) rentrer en empathie, suivre sa respiration, renter dans sa pensée
    E) puis se souvenir qu’on ne peut lutter contre un désir ou un délire
    F) Mais on peut par le silence, le faire venir, l’encourager à sortir et l’accompagner !!!
    G) Les entretiens permettent alors un travail de mémoire d’introspection suivi du recadrage parcimonieux en parole de l’analyste
    H) Avec un peu d’expérience, il se remarque aisément les patients qui se referment comme des huîtres des que l’on sort de cette attitude. Il faut alors revenir aux bases ci dessus décrites.
    I) Il va de soi que ce que peut faire un psychanalyste chevronné n’est pas évident à diffuser dans le corps médical d’un service avec les obligations administratives qui l’accompagnent
    J) Cependant, pour tous malades et patients, il n’y a pas d’autre issue que l’attitude suivante, accueillir, calmer, rassurer et accompagner, mais de grâce je vous supplie de ne jamais vouloir l’omnipotence divine d’enlever le problème de vos patients, ou d’avoir raison sur eux de crainte d’aggraver leur mal.

    Enfin soyons modeste, si un médicament était vraiment efficace pour guérir définitivement la maladie mentale, nous n’aurions plus rien à faire ! En attendant on peut agir sur les crises jusqu’au moyen terme, ce qui est déjà en psychiatrie un superbe progrès, puis une fois un certain calme rétabli, l’apaisement durable peut se faire par des entretiens et un travail d’accompagnement et de prévention.

  • #2918

    zabulon
    Participant

    Ketchup
    Où en es-tu de ta petite entorse à la déontologie ?
    Zab

  • #2919

    ketchup
    Participant

    Le mari a mis fin à ses quelques consultations. Effectivement je ne me suis pas sentie très bien lorsqu’il me parlait de sa femme car je constatais la permanence en moi d’un lien avec elle. C’est curieux, c’est un peu comme si elle était présente. Cependant j’ai pu recevoir ce qui était à déposer en consultation et traiter correctement l’urgence. Maintenant, j’ai eu un appel de la femme et à nouveau je ne suis pas à mon aise. Ce n’est pas facile, j’ai eu l’impression de jongler, c’est beaucoup plus compliqué, rien n’était à sa place, cependant tout a l’air de bien fonctionner.

  • #2920

    zabulon
    Participant

    Oui, c’est du social et de l’humain, parfois il faut savoir improviser ! D’où l’intérêt de travailler en réseau pour dispatcher les besoins d’une famille entre plusieurs psychanalystes ! Mais parfois l’urgence prime.

Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.