[Concept] Définir le "négatif" et le "travail du négatif"

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Ce sujet a 6 réponses, 3 participants et a été mis à jour par  xavier, il y a 1 mois et 2 semaines.

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  • #5816

    OhRose
    Participant

    Bonjour.
    Je suis étudiante en psychologie et je trouve la psychanalyse compliquée à comprendre. L’un des sujets de mes cours est le négatif et son travail. Or, j’ai beau lire, relire mon cours, lire des thèses, essayer de comprendre André Green, Hegel… je n’arrive pas à me faire une idée claire de ce qu’est le négatif. Quelqu’un pourrait-il m’éclairer, en des termes simples, m’expliquer simplement ce que c’est ?
    Merci d’avance

    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 mois et 2 semaines par  OhRose.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 mois et 2 semaines par  OhRose.
  • #5819

    xavier
    Admin bbPress

    Qu’est ce que le négatif et son travail ? Voilà un rude sujet…

    Pour un psychanalyste, definir le négatif seul ne rime à rien !
    En effet le négatif se conçoit uniquement en fonction d’un positif,
    et réciproquement comme le Jing et Yang Chinois, l’un est
    le complémentaire de l’autre de telle façon que l’un
    plus l’autre forme le Tout qui est donc la somme deux choses
    positives ou négatives.

    Tout est affaire d’appréciation et donc du jugement en général
    instrumenté par le Surmoi qui détermine le caratère négatif ou positif
    en fonction de l’idéal qu’il a du Moi. Le Surmoi est d’abord préoccupé
    d’apprécier la position hierarchique du sujet plutôt que d’apprécier
    pour elle-même la chose à juger.

  • #5820

    xavier
    Admin bbPress

    Il convient de compléter l’énoncé ci-dessus :
    Les instances psychiques qui animent un individu sont :

    Le « Moi » qui est aussi faible que le foetus dans le ventre de sa mère. Il est le siège de toutes les émotions. Son travail principal est d’établir des relations et de trouver parmi ses capacités les solutions pour s’assurer de sa tranquilité. Enfin toute émotion n’est point vécue comme positive ou négative mais uniquement en intensité susceptible de le déranger. De surcroit le « Moi » Ignore la mort ou le temps hors desquels il se tient. Il ignore aussi le bien et le mal.

    Le ça, c’est le fameux inconscient qui est contenu aussi bien dans tout le corps que dans la mémoire. Il est le siège de tous les desirs de vie et de tous les appétits, lui aussi ne contient aucune limite. Le « ça » est inconscient, il s’ententend par là que son contenu est innaccessible par la conscience. Tout ce qui représente le moindre risque de trouble et de dérangement du « Moi » y est refoulé comme si la motion dangereuse était enfermée à perpétuité dans les oubliettes d’un château fort.

    Le « Surmoi » C’est l’image que le sujet se fait de lui même. Tout aussi inconscient que les précédents Moi et ça, il s’est constitué par l’éducation des parents et de la société. C’est un ange gardien qui veille à la sécurité du Moi comme un parent bienveillant, par exemple : « Attention tu va te brûler en jouant avec des allumettes ! » C’est aussi une instance psychique hautement morale.

    Sigmund Freud qui est médecin a conçu cette représentation des instance psychiques principalement du point de vue dynamique et non point statique ! L’ensemble fonctionne en permanence de façon inconsciente, tel que le ferait un tribunal, le Moi c’est le Juge, le ça l’Avocat et le Surmoi le Procureur. Une fois que la motion qui lui est soumise est plaidée, le Moi commande l’action à entreprendre.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 2 semaines par  xavier.
  • #5822

    xavier
    Admin bbPress

    Règles du fonctionnement des instances psychiques.

    Le Moi qui est faible tend le plus souvent à céder aux pulsions et motions en provenance du ça.

    Tout ce qui plait au Moi déplait le plus souvent au Surmoi, Par exemple : Je mangerai bien encore de ce délicieux chocolat ! Mais le surmoi dit : Attention au surpoids et à la crise de Foie !

    Il se comprend aisément qu’il se produise bien des conflits dont les conséquences ont des effets dans la vie réelle de l’individu, d’autant plus lorsque l’ensemble des action quotidiennes cumulées placent l’individu dans des difficultés récurentes. L’affrontement entre le Moi et le Surmoi peut devenir intense et même dans certaines circonstances mener à une dépression du Moi qui ne trouve plus le repos et la tranquillité. La peine ressentie et la douleur morale peuvent le mener vers la porte des psychanalystes…

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 2 semaines par  xavier.
  • #5823

    xavier
    Admin bbPress

    Maintenant examinons le négatif et le positif.

    Imaginons que dans l’inconscient de l’individu en souffrance il se tienne des motions refoulées telles que la haine de son sexe ou de sa personne non désirée de la part de l’un ou de ses deux parents. Alors son Surmoi tendra à toujours satisfaire ce désir parental, par exemple en se faisant renvoyer des écoles ou de son travail, Notre individu nous l’appelerons « Sujet » dès lors qu’il a franchi la porte d’un cabinet de psychanalyste. Ce Sujet cherchera toujours à satisfaire le désir inconscient de ses parents ce qui peut le mener de façon active jusqu’à la déchéance et la mort. Pensons à ces Sans-Abris qui refusent toute aide et secours, voire refusent un simple café chaud alors qu’ils se meurent par très grand froid… L’exemple choisi est extrême et vous choquera certainement. Je vous présente un cas particulièrement cruel : Au bout d’une longue descente aux Enfers due à une dépendance aux toxiques, une jeune femme d’à peine 30 ans, haïe par une mère délirante et persécussive s’est suicidée en laissant sa dernière volonté : Que ses cendres soient jetées dans une poubelle !

    Voilà le fruit sur le long terme du travail inlassable et négatif… L’inconscient et ses instances psychiques sont puissants, bien plus actifs que ce que notre conscience puisse imaginer. Ce qu’il a fallu de temps pour marquer cet inconscient donne l’idée du savoir faire du psychanalyste à appaiser les conflits entre les instances psychiques pour que le Sujet puisse reprendre un contrôle acceptable de sa vie. La psychanalyse est une quête du bonheur auprès d’un parent de substitution qui parachèvera le développement naturel du Sujet qui a choisi de se faire accompagner pour accomplir sa vie telle qu’elle aurait pu être dans un autre mileu que celui dans lequel il a grandi.

    Qu’est ce que le positif ? Lorsque le Moi de notre sujet est en paix intérieure et que les conflits entre le ça et le Surmoi sont appaisés, tout est tranquilité et sérénité. Si de surcoît le métier, l’environnement familial, la fonction sociale et culturelle correspondent aux capacités intellectuelles du Sujet, alors c’est tout simplement le bonheur !

    J’espère vous avoir aidé dans votre quête. Il est tout à fait normal que vous ayez des difficultés à apprécier « l’être du mal » qui est « l’absence d’amour ». Si vous en avez manqué cette idée est insupportable à votre Surmoi qui veut des parents parfaits en dépit de leurs moindres défaillances humaines.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 2 semaines par  xavier.
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  • #5831

    manigairie
    Participant

    « …cette idée est insupportable à votre Surmoi qui veut des parents parfaits en dépit de leurs moindres défaillances humaines. »

    votre Surmoi qui veut que (inconsciemment) vous considériez vos parents humainement défaillants comme parfaits ainsi donc que leur attentes implicites incontournables. Non ?

  • #5832

    xavier
    Admin bbPress

    Cest exactement cela. Ce puissant phénomène psychique s’appelle « résistance ». Pour des enfants ou adolescents en thérapies, lorsqu’un parent se sent menacé et rentre en conflit larvé ou ouvert avec le praticien, le patient peut rentrer en souffrance, puis mener à l’échec de la thérapie dont il a besoin.

    Illustrons le même phénomène sur le plan social et sociétal. La Mère-Patrie, qu’est-d’autre qu’une nouvelle représentation du couple parental qu’il convient de défendre jusqu’au sacrifice de sa vie ? Allons aux monuments aux morts et lisons la liste des héros-victimes sacrifiées au Surmoi sociétal. Il y a là de quoi réfléchir sur l’intensité et même de la violence des débats qui se déroulent dans l’inconscient à l’insu de la conscience du Sujet. Voilà pourquoi il faut du temps et de la patience pour que le phénomène du Transfert se produise et commence à porter des fruits.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 2 semaines par  xavier.
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