Biographie

De Sigmund Freud

Les fondements théoriques 1886-1900


En 1886, âgé de trente ans, médecin spécialiste de la neuropathologie, Sigmund Freud épouse Martha Bernays le 14 septembre. Ce mariage, enrichi sa culture personnelle : Le grand père de Martha, Chacham Isaac Bernays, était grand rabbin de la communauté de Hambourg. Son oncle Jacob, enseignait le grec à l’université de Bonn et publia des travaux sur Aristote, de plus son oncle Michael enseignait l’histoire de la littérature allemande à Munich où Louis II de Bavière avait fondé une chair spécialement pour lui. Freud ouvrit son cabinet de neuropathologie à Vienne au Rathaussstrasse, 7, il y pratiquait l’électrothérapie, les massages et l’hydrothérapie qui étaient les méthodes utilisées à l’époque. Il travaillait aussi en contact avec les enfants de la clinique du Professeur Max Kassowitz. L’installation professionnelle de Freud fut rapidement suffisante pour permettre à sa famille de s’agrandir. De son mariage sont nés en :

  • 1887 Mathilde Freud qui a le même prénom que Madame Breuer
  • 1889 Jean-Martin Freud qui a le même prénom que Monsieur Charcot
  • 1891 Cromwell (dit Olivier) Freud
  • 1892 Ernst Freud qui a le même prénom que Monsieur Von Brüke
  • 1893 Sophie Freud dont le prénom signifie « sagesse »
  • 1895 Anna Freud porte le prénom d’une tante maternelle ayant doté le jeune ménage mais aussi d’une patiente de Freud. Anna veillera sur son père âgé et sur son œuvre

Dès 1888 Freud est insatisfait de son exercice médical car il constate l’inefficacité de ce qui lui a été enseigné. Il se rapproche de la pratique de l’hypnose. Il se rend à Nancy pour rencontrer Auguste Ambroise Liébault, puis Hyppolithe Bernheim. Il constate les difficultés de mise en œuvre de l’hypnose ainsi que la suggestibilité du patient qui se conforme à la volonté du médecin. Il se rapproche enfin étroitement de son ami Joseph Breuer avec lequel il collabore à la théorie dite « cathartique ». Il publie avec Joseph Breuer l’Étude sur l’Hystérie ainsi que la biographie du cas Anna O. comportant notamment la première notion de « la représentation  insupportable ». C’est Anna O. qui prononça pour la première fois la locution : Talking cure. La rupture brutale de Joseph Breuer avec sa patiente révéla à Sigmund Freud la notion de transfert. À partir de ce cas, il adapte puis généralise une nouvelle pratique auprès de sa clientèle. La période historique de la psychanalyse commence avec le constat que l'abréaction qui suit l’hypnose ne suffit pas à guérir le malade car il existe des résistances et des refoulements. Il convient de les mettre au jour pour les remplacer par des actes de jugement aboutissant à l'acceptation de la réalité et des conséquences de ce qui avait jadis été refoulé. La libre expression du patient empêche à la longue les rechutes contrairement à la catharsis.

Par ailleurs Freud rencontre l’oto-rhino-laryngologiste Wihlelm Fleiss en 1887. Wihlelm Fleiss a découvert le rôle de la périodicité dans la vie organique, puis élaboré une théorie de la bisexualité. Bientôt amis, ils devinrent correspondants ce qui permit à Sigmund Freud d’élaborer que la vie psychique de l’organisme humain contient des éléments des sexes opposés. Cette correspondance sauvée de la destruction par Marie Bonaparte fut publiée dans les années 1950 sous le nom de « Naissance de la Psychanalyse » car elle contienait un grand nombre de notions qui seront assemblées plus tard. À la fin des années quatre-vingt, comme d’autres médecins, Freud s’intéresse aux facteurs sexuels dans la psychopathologie. Il sera le premier à oser passer du domaine de la sexualité au domaine de la psychosexualité puis à une théorie sexuelle de la vie psychique dans son ensemble.

En 1896, Freud âgé de quarante ans publia l’Hérédité et l’étiologie des névroses, où le terme de psychanalyse est employé pour la première fois. Malheureusement, sa théorie du traumatisme sexuel infantile ayant pour conséquence le refoulement de la représentation insupportable est qualifiée à l’Association pour la Neurologie et la psychiatrie de Vienne par Richard Von Kraff-Ebing de « conte de fée scientifique ». Une perte de clientèle et des difficultés financières suivirent. Après de la mort de son père en 1896, Sigmund Freud porta une attention particulière à l’abondante production de rêves et d’angoisses qui accompagnèrent son deuil. Il se livre en 1897 à une intense et rigoureuse auto-analyse qui aboutit à l’abandon de la théorie du traumatisme ou de la séduction infantile, au profit de l’élaboration du complexe d’Œdipe cité pour la première fois dans une correspondance destinée à son ami Wihlelm Fliess. Fort de l’expérience éprouvée lors de son deuil, Sigmund Freud met en évidence la notion primordiale de l’inconscient dans la psychopathologie et aussi dans l’ensemble de la vie psychique humaine.

Par la suite, Freud s’intéressa davantage aux rêves de ses patients et fit un lien avec leurs symptômes. Il décomposa l’appareil psychique en 3 éléments distincts. Cette décomposition fut appelée première topique : Le conscient, le préconscient et l’inconscient. Il abandonna définitivement la technique cathartique au profit de la libre association d’idées. Le fruit de cette période charnière de l’histoire de la psychanalyse fut la publication de l’Interprétation des rêves, ouvrage de référence des fondements de l’étude du psychisme humain et de la psychanalyse.

Publication des fondements théoriques de la psychanalyse par Sigmund Freud :

1891: Contribution à la conception des aphasies

1895: Études sur l’hystérie

1895: Projet d’une psychologie (Esquisse d’une psychologie scientifique)

1900: L’interprétation des rêves

 

Biographie de Sigmund Freud, pour en savoir plus :

L’âge d’or de la psychanalyse 1900-1913

La deuxième topique, refonte théorique 1913—1922

L’âge de la sagesse 1922-1939